Divorce à l'italienne

Publié le par La fée Paradis


(DIVORZIO ALL'ITALIANA)
Réalisé par Pietro GERMI
Italie 1961 1h44mn VOSTF
avec Marcello Mastroianni, Daniela Rocca, Stefania Sandrelli, Leopolodo Trieste...
Scénario d'Ennio de Concini, Pietro Germi, Alfredo Giannetti et Agenore Incrocci.






Utopia a dit


Signée Pietro Germi, le plus méconnu sans doute des artisans de la comédie italienne, voici un régal de comédie vacharde qui, sous ses allures bon enfant et son humour nonchalant, sonne une charge d'une férocité inouïe contre l'hypocrisie et les frustrations d'une petite bourgeoisie confite dans sa bienséance étriquée, corsetée par des règles sociales d'un autre âge, dominée par un machisme caricatural.

On en rigole allègrement aujourd'hui mais à l'époque, quel choc ! Germi et ses complices en satire s'attaquaient à un tabou qui empoisonnait la société italienne : l'interdiction du divorce. En 1960, pas la nuit des temps, 1960 !

Bienvenue en Sicile. Voici le baron Cefalu, petit nobliau fin de race à la prestance avantageuse, qui vit de ses rentes et fait le paon au sein d'une cour qu'il n'a aucun mérite à dominer, tant elle est mesquine et étriquée. Le baron bellâtre est marié à Rosalia, un laideron insupportable et envahissant. Une union de pure convenance qui ne semble guère lui peser – on imagine qu'il soulage ailleurs ses désirs – jusqu'au jour où il tombe bêtement mais indiscutablement amoureux de sa jeune cousine Angela, qui est aussi jolie et aérienne que sa régulière est moustachue et lourdaude…

Et voilà notre Cefalu en proie à des affres sans fond. Comment approcher Angela, comment vivre son amour brûlant ? Comment se débarrasser de la repoussante Rosalia ? Pas question de divorcer, c'est tout juste si on a le droit de prononcer le mot… La trucider ? Pourquoi pas, mais sans passer par la case prison…


Fort heureusement le baron vit sur une terre très compréhensive pour les époux trompés. Celui ou celle qui venge son honneur n'a rien à craindre de la justice sicilienne. Notre Cefalu entreprend donc de pousser son épouse à l'adultère, pour la surprendre en flagrant délit et la zigouiller en toute légitimité. La difficulté va être de trouver un candidat prêt à s'amouracher d'une pareille mocheté… Une évidence pour terminer : Mastroianni est génial !



Que dire de plus ?


Depuis Mariage à l'Italienne (de Vittorio de Sica, 1964, repris et vu par Pépé et moi fin 2008), Pépé se prend pour Marcello (Don Domi) et moi pour Sophia (Filumena) et on adore la comédie italienne de ces années là. On avait retrouvé nos homologues dans Une journée particulière d'Ettore Scola mais là c'était pas une comédie. Tout ça pour dire qu'on ne pouvait pas rater la reprise de Divorce à l'Italienne, même si Marcello sans Sophia c'est un peu comme Pépé sans Hélène ...


Mais en fin de compte, vu les rôles des femmes dans ce film je préfere largement ne pas y apparaitre. Et pour ne vexer personne, les hommes n'y sont pas plus reluisants ... Triste spectacle d'une humanité ridicule, mais tellement drôle et cynique !


Encore une fois, merci Utopia de nous permettre de voir ces vieux films de la comédie italienne !


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Publié dans Ciné

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