Somers town
Réalisé par Shane MeadowsAvec Thomas Turgoose, Ireneusz Czop, Perry Bensond
GB, 2008
VOSTF - 1h11
Sélection Officielle -Festival de Berlin 2008
Meilleur film Anglais -Festival du film d’Edimbourg 2008
Le Méliès a dit :
Thomas Turgoose, c’était Shaun dans This is England. Aujourd'hui, il a 16 ans et il est Tommo dans Somers Town. Tout juste sorti de son foyer d'accueil, qu’il a fui dans les Midlands, il se rend à Londres. Là, il sera vite dépouillé du peu qu’il possède par des gangs. Ses errances le conduisent à rencontrer Marek, amateur de photographie et fils d'ouvrier polonais, qui l’invite et l’installe chez lui ; ils deviennent vite inséparables. Tous deux commettront des larcins et feront les 400 coups.
Avec Somers town (qui peut être vu comme une réponse à This is England), Shane Meadows narre la rencontre de deux ados paumés, seuls, en quête d’expériences nouvelles. Mais il les filme sans point de vue moral ni discours social. Enveloppé dans un somptueux noir et blanc, avec de longs plans qui lui sont chers, le film dégage une belle énergie en dépit d’un contexte social difficile. Même si nous émettons un bémol sur son final en couleurs, Somers Town reste une pastille rafraîchissante et tendre.
Que dire de plus ?
Je me rappelle de This is England. Il me semble l'avoir vu avec Pépé à Utopia Toulouse à l'automne dernier, je revois bien ces ados punks et skinheads aux prises avec l'extrême droite violente dans la banlieu d'une petite ville anglaise en crise thatchérienne. Bien contente de retrouver le réalisateur et le jeune acteur donc.
Un très beau noir et blanc et un sentiment de nostalgie pour transcrire des sujets assez durs comme l'errance d'un jeune en déshérance, l'immigration et la solitude ou la séparation des parents. Mais ces deux ados sont marrants et pleins de bonnes idées pour égayer leur quotidien. La BO m'a moins emballée, un peu trop nostalgique justement. Et, pour reprendre l'avis du Méliès, le final en couleur est surprenant. D'autant que les images sont très pixellisées.
Le film est assez court et se termine un peu brutalement en couleurs mais c'est sûrement mieux comme ça, il y aurait eu trop de longueurs autrement. Pas le film du siècle, mais un bon moment au cinéma.