Une vie chinoise (3), le temps de l'argent, de Li Kunwu et Philippe Otié

Publié le par La fée Paradis

Vie-chinoise-3.jpgC'est le troisième volet de la vie de Xiao Li ( Une vie chinoise (tomes 1 et 2), de Li Kunwu et Philippe Otié ). Il est devenu adulte dans une Chine en mutations, en quête de Réforme et d'Ouverture (ça ne vous dit rien ce vocabulaire ? ... Réfléchissez bien ... La campagne et le début de mandant de Nicolas Sarkozy ...). Xiao est dessinateur de presse, il épouse Feng Feng, une jeune médecin, fille d'amis de la famille. 

Dans les années 80, les ouvriers sont effrayés par la transformation du "pot de fer" en "pot de terre" mais, après les révoltes et le massacre de Tien An Men (qui semble avoir plus traumatisé les occidentaux que Li Kunwu mais vous comprendrez en lisant la BD) en 1989, tout le monde veut faire du business et de l'argent le plus facilement possible.

Dans les années 1990 et 2000, les villes sont le théâtre de l'émergeance d'une classe moyenne qui se calque sur les standards occidentaux en matière de consommation (électroménager, télé, ...), de modes de vie, notamment au sein de la cellule familliale (émancipation des femmes, séparations, parents isolés, etc.), de compétition scolaire et de quête de performance. On voit aussi s'installer une organisation sociale fondée sur la corruption à tous les niveaux. 

La croyance dans le développement comme priorité nationale est forte, tout comme l'adhésion à la valeur travail.

Vu de l'intérieur, cette BD ne fait pas la part belle aux critiques habituelles et aux lieux communs occidentaux véhiculés à propos de la Chine. Li Kunwu appartient au parti communiste chinois et on a vu, dans les deux premiers tomes, l'endocrtrinement des enfants dans les années 50 et 60. Mais cela n'explique pas tout. A plusieurs reprises, notamment à propos des évènements de Tien An Men, le dessinateur explique sa vision des choses. Même si je ne peut être d'accord avec lui, il s'agit d'un point de vue intéressant.

On a très peur de la Chine et de son modèle de développement. C'est peut-être fondé, mais on devrait surtout essayer de la comprendre et de la connaître au lieu de véhiculer les idées xénophobes dont la dangerosité n'est plus à prouver (non les chinois ne sont pas des gros cados qui crachent dans la rue, se mouchent bruyamment et mangent du rat en azttendant d'envahir l'occident pour lui voler ses richesses durement acquises et réduire les européens et les américains en esclavage).

 

Ma note pour ce troisième tome : 18/20

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