Thirst, ceci est mon sang

Publié le par La fée Paradis

Park CHAN-WOOK
Corée du Sud 2009 2h13mn VOSTF
avec Song Kang-ho, Kim Ok-vin, Kim Hae-sook, Shin Ha-kyun, Park In-hwan, Eriq Ebouaney...
Scénario de Park Chan-Wook et Jeong Seo-Gyeong, librement inspiré de Thérèse Raquin d'Émile Zola.
Prix du Jury, Festival de Cannes 2009.







Utopia a dit :


Comment ? Un roman d'Émile Zola transposé au cinéma pour un film de vampires ?!? C'est quoi cette histoire ?!? Disons-le tout net : l'adaptation, fidèle aux situations de départ et aux rebondissements du roman, extrapole et nous entraîne sur des terres que la littérature naturaliste n'aurait pas même imaginées… Pas étonnant quand on connaît le réalisateur, qui est tout sauf naturaliste… vous savez, ce Coréen imprévisible qui nous avait flanqué une énorme claque avec Old Boy, presque Palme d'Or du Festival de Cannes il y a cinq ans (c'était en tout cas le préféré du Président Quentin Tarantino).

Voici donc Thirst, une nouvelle fois primé à Cannes, le grand retour de Park Chan-wook, de son style furieusement baroque, de ses questionnements vertigineux sur la la perdition, la culpabilité, la rédemption impossible… Une invention visuelle incroyable, une caméra virtuose aux mouvements hallucinants, un sens inouï des ruptures de rythme et de ton, une bande son foisonnante : la patte Park Chan-wook est toujours aussi impressionnante. Le film fait le grand écart entre mélodrame tragique et humour burlesque et réussit à créer un univers unique et excitant au possible : charnel, érotique, d'un romantisme fou, d'une poésie macabre… Un film un peu malade, un film impur, comme le sang qui abreuve ses sillons…

Sang-hyun est un jeune prêtre qui se consacre corps et âme à apporter le maigre réconfort de sa foi aux malades d'un grand hôpital. Mais découragé par toutes ces morts qu'il ne peut pas empêcher, il choisit, contre l'avis de sa hiérarchie, de partir en Afrique pour participer à la mise au point d'un vaccin expérimental contre un nouveau virus mortel. Mais comme tous les cobayes à qui est inoculé le virus, il succombe à la maladie, foudroyante et hideuse. Il meurt donc… et aussitôt ressuscite, sous l'effet de l'ultime transfusion sanguine effectuée sur lui, d'origine inconnue.

Résurrection et Transformation. Sang-hyun n'est plus le même, il semble doté de pouvoirs extraordinaires, et soumis à une soif insatiable de sang… Le prêtre est devenu vampire.

De retour en Corée pour réintégrer sa paroisse, il est accueilli tel un Saint, les pauvres gens se pressent à sa fenêtre pour quémander une guérison miraculeuse. Mais cet homme d'un altruisme débordant, qui n'a jamais pensé à autre chose qu'à aider son prochain au péril de sa propre vie, se trouve alors devant un dilemme quasi-insurmontable puisqu'il doit absolument se procurer du sang humain pour survivre…


C'est là qu'une femme hurlante vient le supplier de sauver son fils, atteint d'un cancer incurable. Dans ce fils supposé mourant mais dont le cancer s'avèrera imaginaire, Sang-hyun est bien obligé de reconnaître Kang-woo, un ami d'enfance perdu de vue. Un benêt tout entier soumis à la tyrannie d'une mère possessive et marié à Tae-ju, femme belle, attirante et frustrée à mourir de ce mariage de convenance avec un mollasson maladif et égoïste. Aussitôt Tae-ju fait naître chez Sang-hyun des désirs qu'il avait jusque là réussi à enfouir au plus profond de son corps ensoutané. Dès lors, le cas de conscience va se transformer chez le toujours prêtre en véritable maelström charnel, moral, métaphysique, dont on devine que l'issue sera forcément au-delà ou en-deçà ou plus radicalement hors de tout entendement humain…


Encore un mot pour vous dire que si on est pris par cette histoire au sens propre extravagante, c'est évidemment grâce au talent visionnaire de Park Chan-wook mais aussi à la qualité exceptionnelle des comédiens, le duo principal en tête : la très troublante Kim Ok-vin et surtout le fabuleux Song Kang-ho, déjà admiré dans Memories of murder, Secret sunshine, The Host… Quelle classe, quelle force ces acteurs asiatiques !



Que dire de plus ?


A part le Bal des Vampires de Polanski qui commence à dater, c'est le premier film de vampires que je vois (si on considère que les zombies ne sont pas des vampires car j'ai vu Planète terreur de Robert Rodriguez et le clip de Thriller ). C'est assez surprenant !

Je ne me suis pas ennuyée ni déconcentrée pendant plus de 2 heures mais je manque d'outils sur ce genre de films pour dire si j'ai aimé ou non. L'esthétique et la mise en scène sont impressionnantes et les acteurs très bons, particulièrement Kim Ok-vin. Tout s'enchaîne dans une spirale infernale et on sent bien que la fin est de plus en plus proche.

Mais les films asiatiques sont "calmes". Pas de crises d'hystérie ou de panique comme les occidentaux savent si bien le faire. J'avais déjà remarqué ça, dans un registre complètement différent, avec
Tokyo Sonata  et il y a bien plus longtemps dans In the Mood for Love.

Comme j'ai adoré Le Bon, la Brute et le Cinglé et que Thirst, dans un genre qui n'est à priori pas du tout le mien, ne m'a pas déçu, je vais poursuivre mes investigations dans le cinéma asiatique ! ça tombe bien, j'ai reçu le DVD de The Chaser
qui a l'air palpitant !

Publié dans Ciné

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Vance 05/11/2009 18:38


Un peu pareil, un film qui m'a charmé et décontenancé, déstabilisé. Parfois surprenant, avec des plans d'une beauté redoutable. Un film qui se laisse mûrir.


La fée Paradis 06/11/2009 09:04



Un film inhabituel pour moi. J'ai encore du mal à avoir un avis tranché à son sujet.



Nelfe 13/10/2009 01:13


Ah ben ça y est! Tu l'as vu!
Ravie que ça t'ait plus esthétiquement parlant et que tu ne sois pas sorti de la salle tellement tu trouvais le film naze ;)
Les asiatiques st impressionnants pour faire passer des émotions tt en finesse...


La fée Paradis 13/10/2009 09:02



Oui voilà, finesse c'est le mot pour décrire ce cinéma ! ça auraurait pu être super gore et plein d'hémoglobine ce film, mais en fait ça passe très bien !



Anticorps du Petit Poucet 12/10/2009 22:08


Je l'ai vu oui, j'avais décidé d'aller le voir avant d'apprendre que son réalisateur, Chrstian Poveda, s'était fait assassiné là-bas. En tant qu'anticorps, je le recommande à tous les globules que
vous êtes! Rude rude ce film-docu. Si vous n'aimez pas les peaux tatouées, passez votre chemin vers d'autres salles obscures!
Désolé de squatter ta rubrique ciné asiatique. C'est la Jungle ce blog, la Jungle! Ah


La fée Paradis 13/10/2009 09:00



J'aime si c'est la jungle ! Et le cinéma des autres continents est peut-être moins mou que le notre et plus apte à nous impressionner !
J'irai voir la Vida Loca en tout cas !



Anticorps du Petit Poucet 12/10/2009 18:34


Pas encore vu. Cinéma asiatique oui, cinéma sud-américain également. LA VIDA LOCA est sur les écrans actuellement, à voir sans baisser les yeux.


La fée Paradis 12/10/2009 18:37



Salut Anticorps !
A Pau, il faudra attendre fin octobre pour le voir en VO au Méliès ... Mais le temps passe si vite que c'est comme si c'était demain !
Tu l'as vu ? Tu as aimé ?