Rubber, de Quentin Dupieux

Publié le par La fée Paradis

 

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États-Unis / 2010 / 85’/ couleur / vostf

Avec Stephen Spinella, Roxane Mesquida et Jack Plotnick

 

Le Méliès a dit

 

Très attendu, cet ovni cinématographique de Quentin Dupieux (membre de Mr Oizo, créateur du personnage Flat Eric) rend un hommage délirant au cinéma bis et d’épouvante. L’histoire de ce pneu psychopate est à la fois drôle, étrange et éprouvante.

Plongé dans le désert californien, tous les spectateurs (y compris ceux incrustés à l’interieur du film) jouent un rôle. Gonflé à bloc, le pneu dérape dans un monde fantastique à l’intérieur d’un scénario qui jamais ne freine devant les idées farfelus.

Une chose est sûre, Rubber laissera des traces derrière lui.

 

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Pour accompagner la projection, nous invitons, en collaboration avec le collectif palois “A Tant Rêver Du Roi” les décapants musiciens de Up Yours de Bordeaux. Un trio qui, tout comme le film, aime brouiller les pistes : noise, punk, post-hardcore ou même jazz-core, c’est au carrefour de ces genres musicaux  bien présents dans les années 90 que le groupe se situe.  

Rempli de breaks alternés à des plans straight-punk plus qu’efficaces, ils conduisent avec une énergie sans faille leur automobile sonore sur l’autoroute du rythme et de l’humour.

Rien de tel pour poursuivre cette soirée road-movie aux frontières de l’étrange qui se poursuivra au Café Méliès.

 

 

Que dire de plus ?

 

 

C'est dans le cadre d'un ciné-concert décalé et "gonflé à bloc" au Méliès que j'ai vu ce film. Ce n'était pas une publicité mensongère. 

 

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Le film : de la jubilation pure dans la grande tradition du western et du comics, inutile de préciser que c'étais couru d'avance que ça me plairait. Entre L'attaque de la Moussaka Géante, Atomic Circus, El topo et Sin city, tous les ingrédients sont réunis de manière explosive (nouveau prédateur dangereux, no man's land, maltraitance d'animaux et corruption policière).

La BO a été en partie conçue par le réalisateur lui même (Mr. Oizo) et était elle aussi excellente, accompagnant au plus près et au plus juste cette oeuvre étrange.

Souvent, la qualité des images m'a donné l'impression de visiter une expo de photos de clichés de la Route 66 : désert, cactus, détritus dans le sable, scarabée et grosse araignée, motel pourave, taulier désagréable, shérif dans une caisse pourrie, vent bruyant dont l'arrêt marquait les moments dramatiques .... L'histoire de ce pneu es géniale.

 

Un hymne au No reason ? Je n'en suis pas si sûre. Il me semble que le film va au delà de l'absurde et que certaines scènes ne sont pas anondines, notamment celles où aparaissent les spectateurs et où ils entrent en interaction directe ou indirecte avec les protagonistes du films, eux-même ayant plus qu'un pied dans la réalité .... Vous ne comprenez rien ? C'est normal. Allez voir ce super film pour vous faire une idée !


Feu le cinéma Jean Vigo (Fermeture du Jean Vigo à Bordeaux ) organisait des soirées "cinétranges" le vendredi à 22h, Rubber y aurait largement mérité sa place. Et n'est-ce pas une bonne idée pour le Méliès ? Apparament, c'est en projet. 

 

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Comme les musiciens du concert étaient en retard, on nous a diffusé des bandes-annones de La Fureur du Dragon, de Orca et de Bleu est la Mer, Blanche est la Mort. Surprenant.

Après, ça a été vite torché : une heure de punk hardcore à tout casser? Ces trois jeunes avaient la patate mais c'était un peut court : à peine le public concquis, ils ont arrêté la musique.

 

Ma note : 3,75 /5

 

Publié dans Ciné

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