Les dernières expos photos du Château d'Eau

Publié le par La fée Paradis

 

Pieter Hugo, On reality and others stories

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© Pieter Hugo, Courtesy of Michael Stevenson, Cape Town & Yossi Milo, New York

 

Une exposition coproduite par le Château d’Eau, le FCC - Le Brass à Bruxelles
et soutenue par les ateliers Bernard Webe.

Commissariat : Jean-Marc Lacabe (Toulouse) et Christine De Naeyer (Bruxelles).

à Toulouse du 19 mai au 27 juin 2010

 

Le Château d'Eau a dit

 

Le Château d’Eau, le Théâtre Garonne et Rio Loco présentent une exposition du photographe sud-africain Pieter Hugo, en écho aux festivals toulousains Le Marathon de Mots et Rio Loco qui mettent l’Afrique du Sud à l’honneur en juin cette année.

Avec des images témoignant d’un réel engagement, ce jeune photographe afrikaner (né en 1976) explore les contradictions les plus frappantes des sociétés africaines; il souhaite « montrer les Africains de façon différente ».
Toujours à l’affût de sujets originaux, fascinants et parfois repoussants, Pieter Hugo constitue une œuvre photographique marquante s’articulant en différentes séries. S’inscrivant dans un mouvement de portraits documentaires en filiation avec les « Petits Métiers » d’Eugène Atget et plus particulièrement avec le travail d’August Sander, il réalise des portraits en couleur de personnes dans les tenues vestimentaires et dans les lieux de leur activité professionnelle ou de celle de leur groupe sociétal. Montreurs d’animaux sauvages au Nigeria, juges du Botswana avec leurs beaux habits rouges et leurs perruques d’un autre temps, collecteurs de miel sauvage et leurs protections de feuilles au Ghana, club de supporters d’équipe de foot, boys scouts du Liberia ou acteurs de films bons marchés réalisés à la chaîne au Nigeria sont autant d’histoires curieuses. De série en série, ces portraits dessinent une Afrique actuelle théâtralisée où se télescopent ce qu’elle a gardé de ses traditions et des influences de la colonisation avec l’adhésion à certains côtés de notre époque.

Ce photographe est encore peu connu en France, seule une de ses séries a déjà été présentée dans le cadre du Prix Découvertes des Rencontres d’Arles, il y a deux ans. Pour rendre compte de la qualité et de tout le sens de la démarche de cet artiste, cette exposition met en relation ses principaux travaux.

> Au Château d'Eau : The Hyena Men, The Wild Honey Collectors, Nollywood, The Judges, Barristers and Solicitors of the Supreme Court of Ghana.


> Au théâtre Garonne : Nollywood, Boy Scouts, Orlando Pirates, The Hyena Men.

 

Que dire de plus ?

 

C'est un peu pour s'occuper qu'on a été au Chateau d'Eau dimanche au retour des vacances. Et c'était une des expos qu'on a préféré depuis qu'on y va (un an et demi quand même). Les sujets sont surprenants et inattendus pour les petits occidentaux que nous sommes, les photos sont empreintes de respect et d'empathie à l'égard de ces sujets (à mon sens, ce sont des qualités absolument nécessaires pour faire de bons portraits, elles sont donc présentes chez la majorité des photographes exposés au Château d'Eau qui expose essentiellement de bonnes photos, cqfd).

 

J'ai bien aimé le fait d'aller au théâtre de Garonne pour voir la suite de l'expo. Déjà ça m'a permis de découvrir le site (rehabilitation de bâtiments industriels desaffectés comme beaucoup de sites culturels d'ailleurs) et en plus ça nous a fait une balade dans un coin où on ne met jamais les pieds autour du Pont des Catalans.  

 

Bref, ça vaut le coup d'y faire un saut. Et, pour les toulousains qui iront ces jours-ci, une place pour Rio Loco (thème Afrique du Sud cette année, c'est surprenant, non ?) vous est offerte, et c'est quand même le bon plan : 3 expos sur 2 sites et une soirée au Rio Loco pour 2,5 Euros ! (on a pris des places pour samedi, j'espère qu'il ne pleuvra pas trop)

 

 Ulrich Lebeuf, Antonyme de la pudeur

 

 

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© Ulrich Lebeuf

 

Le Château d'Eau a dit

 

Le Château d’Eau présente une exposition du photographe français Ulrich Lebeuf qui en parallèle à des commandes pour la presse nationale et internationale, s'intéresse à la culture populaire, la consommation et la notion de plaisir immédiat comme symbole de la société.

«Antonyme de la pudeur» traite de l’industrie de sexe et de sa production cinématographique. Avec ce travail basé sur son émotion personnelle de l’instant, Ulrich Lebeuf a su éviter l’écueil classique du reportage misérabiliste et racoleur. Il revendique le fait de raconter une histoire, mais son regard ne s’appesantit pas sur l’objet du tournage et reste à distance ou saisit les à-côtés. Les décors, les lumières, les couleurs sont aussi constitutifs de l’image que les corps poussés à la marge ou laissés dans l’ombre. Il exclut volontairement toute expression pour ne laisser que le ressenti émotionnel de l’instant, de l’atmosphère, pour amener le spectateur sur le terrain de l’imaginaire.

Car rien d’explicite n’est laissé aux yeux des spectateurs et pourtant ces photographies aux riches teintes se révèlent troublantes d’un érotisme sous-jacent.

 

http://www.ulrichlebeuf.com/


http://www.myop.fr/

 

 

Que dire de plus ?

 

Encore de la pornographie sur ce blog ?!? (cf. La revanche de la chair / Kaze v kader ) Rassurez vous, on ne voit rien qui pourrait être interdit aux moins de 18 ans. Tout est dans la suggestion, et, encore une fois dans le respect et l'empathie du photographe pour les sujets de son oeuvre. On est effectivement sur le terrain de l'atmosphère et de l'imaginaire.

 

Cette expo est dans la deuxième salle du Château d'Eau, sous les arrêts de bus en fait. Elle s'accompagne d'un reportage audio-visuel dans le petit salon du fond.

 

Les photos humanisent une industrie et des acteurs souvent moqués, montrés du doigt ou vus de manière honteuse (pour ceux qui ne sont pas carrément exploités) et elles ne laissent pas indifférents. D'autant plus qu'il s'agit d'une industrie typique de notre société de consommation et d'exclusion dans tous ses excés.

 

 

Publié dans Expos

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