Le Rebelle, de King Vidor

Publié le par La fée Paradis

 

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The Fountainhead

Etats-Unis / 1949 / 114' / NetB / vostf

Avec Gary Cooper, Raymond Massey, Patricial Neal ...

 

 

Le Méliès a dit

 

 

Howard Roark est un architecte talentueux et audacieux. Il doit abandonner l’architecture faute de contrats, et devient ouvrier dans une carrière appartenant à un magnat de la presse. Lorsque la fille de ce dernier s’éprend de lui, c’est le début de la revanche…

Le personnage de Roark s’inspire du plus célèbre architecte américain, Frank Lloyd Wright. Mais alors que ce dernier concevait des maisons horizontales, épousant la forme du paysage, Roark crée d’impressionnants gratte-ciel de verre et de métal .

 

 

Que dire de plus ?

 

 

C'est dans le cadre de la clôture du cycle architecture et urbanisme qui s'est tenu au Méliès les 3, 4 et 8 novembre que j'ai vu ce film. Le thème de la soirée était "le métier d'architecte" et le débat était animé par des architectes et paysagistes palois et béarnais (invités et spectateurs).

 

Je n'ai malheureusement pas assisté aux deux autres soirées (j'étais en vacances, on ne peut pas tout faire) donc je ne me prononcerai pas à propos de l'ensemble du cycle. Mais, si les intervenants étaient intéressants hier soir, je trouve que le débat tournait en rond. En fait, l'urbanisme était le grand absent et c'est dommage car des intervenants qualifiés auraient peut-être éclairé les propos des architectes d'un autre jour, notamment en ce qui concerne les PLU et les différentes échelles de programmation et de plannification.

L'écriture de la règle est le fruit d'un jeu d'acteurs complexe et d'enjeux politiques, économiques et sociaux qu'il est un peu réducteur de qualifier d'"obscurantisme" comme je l'ai entendu hier. Je concède qu'elle est parfois rigide, mais il me semble normal ne ne pas laisser n'importe quel illuminé misanthrope et égocentrique, qui se prend pour une avant-garde culturelle incomprise ou un artiste maudit,  laisser une trace indélébile dans le paysage. Vaste débat, je vous l'accorde et je ne suis pas si catégorique vis-à-vis des archis. Ce qui est sûr c'est qu'il manquait le regard de l'urbanisme et des sciences humaines en général hier soir, et qu'au vu de la tournure des débats, un environnementaliste et un écologues n'auraient pas été des luxes non plus.

 

Mais revenons au film.

 

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C'est l'histoire d'un architecte, ou plus générallement d'un homme juste, prêt à affronter le monde entier, à perdre tout prestige social et la femme qu'il aime, pour défendre ses idées. C'est noble et c'est beau.

 

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Malgré le strass hollywoodien (beaux acteurs, caricature des personnages et des situations, musique grandiloquante qui porte l'action, sentiments extrêmes, amour, haine, trahison, happy end après des débuts difficiles pour le héros ...) qui n'est pas forcément ma tasse de thé, j'ai été hapée par cette sucess story de self made man très américaine.

 

Les acteurs sont bons (en plus d'être beaux) et Gary Cooper garde son côté lonesome cowboy terriblement séduisant.

 

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Il va jusqu'au bout (en haut, devrait-on dire) de son idéal, sans compromis, pour finalement triompher.

 

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 Si les principes architecturaux et la notion d'individualisme évoqués dans ce film me paraissent historiquement datés (guerre froide et fonctionnalisme, très années 50, trente glorieuses et croyance forte dans le progrés de la société de consommation) et très américains, les idées générales d'esprit critique, de refus de la médiocrité et de veulerie sociale et de sacrifice de son génie au profit d'une pseudo reconnaissance m'ont séduites.

 

Le héros est un architecte, mais il aurait pu être n'importe quel homme ou quelle femme décidé à rester digne, y compris (et surtout) dans l'adversité, et quelles qu'en soient les conséquences. C'est rare.

 

Publié dans Ciné

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