Le parfum d'Adam, de Jean-Christophe Rufin
Un arrêt maladie pour cause de torticolis agravé me bloque chez moi. Au prix d'une douleur et d'une incapacité à faire quoi que ce soit que je ne souhaite à personne, j'ai pu lire ce livre en un temps record : une journée. Assise pendant des heures sur le seul fauteuil où je parviens à trouver une position vivable (un fauteuil flexible ikéa classique). Heureusement que je les avais, le fauteuil et le bouquin.
Ce thriller psychologique sur fond de géopolitique complexe et de bioterrorisme écologique radical est passionnant. L'auteur maîtrise le sujet mais aussi l'art du roman et ça se lit d'une traite.Il y a du suspense jusqu'à la dernière page.
Le thème du malthusianisme écologique et la dangeurosité des idées qu'il véhicule me sont chers ( Ecologie et malthusianisme, attention aux dérapages ! ). Les crises économiques et écologiques, si on n'y prend pas garde, sont des terreaux fertiles au développement de thèses inhumaines sur fond d'à priori de surpopulation et d'insuffisance des ressources. Le totalitarisme n'est pas loin. Il y a bien de quoi permettre la satisfaction des besoins primaires et même secondaires et tertiaires de milliards d'êtres humains sur la planète au regard des citères de l'indice de développement humain, à condition de mieux répartir les ressources.
Les défenseurs des thèses maltusiennes veulent en réalité permettre la poursuite du productivisme et du consumérisme de la minorité occidentale qui bénéficie (pas pour son plus grand bonheur d'ailleurs) ainsi que les profits de la minorité de la minorité au détriment des pays dits en développement et des populations les plus pauvres. Le mécanisme est très bien décrit dans ce roman.