Le cinéma anglais, de l'après-guerre au Free Cinema (1945-1968) / Noblesse Oblige (1949)

Publié le par La fée Paradis


Cours présenté par Emmanuel Leclercq (directeur du Méliès, cinéma Art et Essai de Pau)

Présentation du cours du mois de mars


Dans les années de l'immédiat après-guerre, le cinéma anglais connut une soudaine renommée internationale - la première de son histoire - avec des cinéastes d'un traditionnalisme trompeur comme David Lean, Michael Powel, Laurence Olivier, Carol Reed ou Anthony Asquith.

La tradition se mua en grisaille dans les années 1950, avant que les " jeunes gens en colère " du Free Cinema (1956-1968) - principalement Lindsay Anderson, Karel Reisz et Tony Richardson - ne dynamitent les conventions de leurs aînés en traitant de sujets tabous, et en montrant la vie quotidienne, la province, le monde ouvrier.

C'est l'ensemble de cette période 1945-1968 qu'analyseront les deux cours du mois de mars


Ce que j'ai retenu de ce premier cours

Première chose et non la moindre : les sessions se déroulent à nouveau le mardi soir. Je n'ai donc plus besoin de me couper en deux pour aller au Méliès et l'AMAP, mes deux points cardinaux à Pau. Merci le Méliès !

 

Parmis les 4 plus grandes nations cinématographique du monde occidental, c'est à dire en excluant les prolifiques cinémas indiens et japonais, le cinéma britanique et surtout anglais se situe en 4° position derrière les Etats-Unis, la France et l'Italie. Il est cependant beaucoup moins connu que les 3 premiers et ne jouit pas d'une très bonne critique, notamment en France ce qui est regretable.

 

Les principales caractéristiques du cinéma anglais :

 

- Un état de crise permanent : pas de prosperité acquise durant une longue période. Cette situation est due à une rivalité permanente avec Hollywood (riivalité linguistique et culturelle). Ainsi, le cinéma anglais connait de brèves périodes de prospérité lorsqu'il s'impose par rapport au cinéma américain.

En ce moment, le cinéma anglais ne va pas bien. Il n'estreprésenté que par Ken Loach qui commence à s'essouffler, Mike Leigh et Stephen Frears. Winterbotton est plus inégal (Et il a certainement oublié Guy Ritchie, NDLR).

 

- Le cinéma vient en second lieu, apès le théâtre qui est considéré comme un art noble. Les mondes du théâtre et du cinéma sont cependant moins cloisonnés qu'en France.

 

- Authenticité documentaire et amour du réel. Il s'agit d'un cinéma honnête dans l'adaptation des faits, sans infation visuelle, ni effets spéciaux, un cinéma précis et mesuré.

 

Histoire du cinéma anglais :

 

- Ecole de Brighton au début des années 1920 : première école documentaire du monde par des emprunts à la fiction. Elle débute au moment de l'essoufflement du cinéma français (Méliès, frères Lumières). Ensuite, les années 1920 seront assez pauvres.

 

- Dans les années 1930, on assiste aux débuts d'Anthony Asquith, fils d'un premier minitre qui se caractérise par son exentricité aristocratique (la noblesse anglaise est réputée pour son exentricité)  avec Pygmalion en 1938. Ce sont aussi les débuts d'Alfred Hitchcok qui a tourné le premier film parlant, Chantage, en 1926.

 

-Les années 1930 se caractérisent aussi par l'Ecole documentariste qui mériterait qu'un cours lui soit consacré. Il s'agit de l'un des grands mouvements de l'histoire du cinéma, entre 1929 et 1944-1945. Il s'agit essentiellement de courts métrages qui montrent les gens au travail ou dans leur vie quotidienne, pour répondre à des commandes de mécènes officiels comme les Ministères, avec de la poésie en prime. Tout le cinéma anglais, y compris aujourd'hui, est marqué par cette école.

 

- Pendant la guerre, les cinéastes se mettent au service de la propagande et de l'effort de guerre britanique, ce qui leur donne une position de force après la victoire.

 

- Après la Deuxième Guerre Mondiale, le cinéma anglais connait un bref âge d'or hérité de la guerre qui dure 5 ans. Ce phénomène est favorisé par deux mesures règlementaires : obligation de programmer 20% de productions britaniques dans les salles et fiscalité lourde sur la production américaine (les anglais et les américains ne sont pas amis dans le cinéma).

Cette période marque l'avènement de cinéastes comme David Lean, Laurence Olivier ou encore Terrence Fischer. Il n'y aura cependant pas de chef d'oeuvre fondateur comme Rome Ville Ouverte de Rosselini pour le lancement du néo-réalisme en Italie ( L'âge d'or et la fin du néo-réalisme / Voyage en Italie (1953)). 

 

Extrait : Brève Rencontre de David Lean en 1945, avec Celia Johnson, Trevor Howard, Cyril Raymond ...

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David Lean est un ancien monteur qui a déjà réalisé plusieurs films et qui réalisera Le pont de la Rivière Kwaï (1957), Lawrence d'Arabie (1963) ou le Docteur Jivago (1966) par la suite.

Ce film est un éloge de la médiocrité qui va à contre courant du cinéma hollywoodien. Les héros sont un homme et une femme d'un certain âge, pas particulièrement canons, mariés et parents chacun de leur côté, qui découvrent l'amour alors qu'ils ne s'y attendaient pas, ce qui leur révèle qu'ils n'étaient pas vraiment heureux jusque là. Le scénario est surprenant et le réalisateur filme les rites provinciaux anglais.

Ce sentiment restera sans suite puisque la femme culpabilise et refuse de quitter son mari et ses enfants. L'homme quittera tout pour partir en Afrique (un peu comme Pépé qui voulait partir à Mayotte aujourd'hui ?). Les décors consituent l'armature du film et notamment le buffet de la gare où se déroule l'essentiel de l'intrigue.


Extrait : Hamlet de Laurence Olivier (1948), avec Laurence Olivier, Eileen Herlie, Basil Sydney ...

Hamlet

 Laurence Olivier, le plus grand acteur de son temps, avait déjà réalisé Henry V (1944). Hamlet est un succès. C'est un heureux concours de circonstances qui palie l'absence de génie : Laurence Olivier est un acteur de théâtre qui connait ce texte à la perfection et se met en scène et donne une dimension psuchologique à la pièce (complexe d'Oedipe).

La caméra est mobile, comme si l'acteur voulait se dédouaner de ses origines théâtrales. L'image se caractérise aussi par la profondeur du champ, c'est pur cette raison que le film est tourné en noir et blanc (la couleur ne permettait pas des champs aussi profonds à cette époque).

Comme dans tous les films anglais, on peut observer la perfection des interprètes (surtout des enfants, mais pas dans cet extrait) résultant d'une conscience professionnelle très forte, même chez des acteurs médiocres.

L'extrait montre la scène de "to be, or not to be. That is the question". Le monologue est en voix off (voix off aussi présente dans l'extrait de Brève Rencontre et remise au gout du jour par le cinéma anglais de cette époque).

Précision : il est difficile de rendre compte d'un film anglais par un seul extrait tant tout va toujours au même rythme, un peu comme une rolls royce, les réalisateurs ne voulant pas en rajouter et rester sobres (C'est sûrement pour ça que j'ai trouvé ces deux extraits chiants, je suis plus italienne qu'anglaise NDLR).


Extrait : Les Chaussons Rouges (1948) de Michael Powell, avec Anton Walbrook, Moira Shearer, Marius Goring ...

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C'est le réalisateur anglais de cette période le plus connu aujourd'hui en France. Il a été redécuvert par Bertrand Tavernier dans les années 1970 et a fait l'objet d'une retrospective à Beaubourg. Dans ses films, il mêle expérimental et documentaire. Son chef d'oeuvre est Le Voyageur réalisé en 1960.

Les Chaussons Rouges est, chose rare, un ciné-ballet réussi adapté d'un conte d'Andersen. Il raconte l'histoire d'une jeune danseuse londonienne tuée par un personnage qu'elle interprète. (Comme je ne suis pas férue de danse je ne suis pas tombée amoureuse de cet extrait, mais je manque certainement de poésie NDLR)

Extrait : Le Troisième Homme (1949) de Carol Reed, avec Joseph Cotten, Alida Vali, Orson Wells, Trevor Howard ...

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Avec ce film, Carol Reed devient l'un des metteurs en scène les plus en vue du monde. C'est l'adaptation du oman éponyme de Graham Green (que j'ai lu il y a longtemps et pour lequel j'ai eu un flash : c'est la même histoire que   OSS 117, Le Caire nid d'espions    NDLR).

L'histoire se déroule à Vienne, dans les décombres de la ville qui a vu grandir Hitler, juste après la Deuxième Guerre Mondiale. Le contexte : le marché noir, les mandiants et la faim, avec un quatuor d'interprètes comme dans beaucoup de films de légende : Alida Vali dans sa période anglo-américaine et dans son meilleur rôle avec Senso ( Le "viscontisme" de Senso à l'Innocent (1954-1976) / Senso (1954) ), Trevor Howard, Orson Wells et Joseph Cotten, son meilleur ami.

Ce film est entouré d'une légende : ce serait Orson wells le véritable réalisateur (cadrage oblique et signes de l'écle expressioniste, notamment dans la scène de la poursuite dans les égouts de la ville), mais il a été démontré qu'il n'en est rien, malgré les affirmation d'Orson Wels himself (pas très sympa).

Tout semble étrange dans ce film, les seconds rôles ont des têtes patibulaires et des trognes de menteurs. Il raconte l'histoire d'un écrivain maudit qui vien rejoindre son ami à Vienne. Entre temps, cet ami a disparu, soit disant assassiné. L'écrivain mène l'enquête. Cet ami réapparait à la fin : il avait organisé sa disparition pour une sombre affaire de trafic de péniciline et c'était un beau salaud. Après la poursuite dans les égouts, l'écrivain a une prise de conscience morale et tue son ami (il est aussi amoureux de sa maitresse). Le tout est accompagné du céèbre thème lancinant d'Anton Karas.

L'absence totale de mise en scène de la scène finale lui confère une grande puissance dramatique. Elle est caractéristique du cinéma anglais : faire naitre le sentiment sans en rajouter.


Extrait : L'Ombre d'un Homme d'Anthony Asquith (1951), avec Michael Redgrave, Jean Kent, Nigel Patrick, ...

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Il n'existe pas de version sous-titrée en français (révélateur du mésamour des français pour le cinéma anglais). Ce film raconte l'histoire d'un homme qui se rend antipathique par sa rigidité de caractère. C'est prof de grec detesté par ses élèves qui le surnoment Himler. Il se retranche dans sa solitude jusqu'à ce qu'un élève lui offre un bouquin dédicacé "au plus gentil des maitres". Comme il s'agit d'un film anglais, rien dans la mise en scène ne souligne l'importance de ce fait qui bouleverse la vie de cet homme.

- Il faut aussi souligner, durant cette période, l'école humoristique dont Noblese Oblige (1949) de Robert Hamer est le fer de lance, ainsi que Wisky à gogo (1950) de Alexander Mackendrick, Tueur de dames du même réalisateur en 1955 ou Passeport pour Pimlico de Henri Cornelius en 1949

 

Extrait : L'homme au complet blanc de Alexander Macendrick en 1951, avec Alec Guiness, Joan Greenwood, Cecil Parker ...

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Une femme a inventé le tissu inusable et infroissable. Les patrons et syndicats de l'industrie du textile sont en émoi !  Ce film est une satyre du patronat et du syndicalisme, sobrement, sans avoir l'air d'y toucher.

L'humour anglais est généralement mal défini. En fait il y a autant d'humours qu'il y a d'auteurs. Mais cela s'articule autour d'un genre assez fin qui demande une profonde maitrise de soi à ceux qui disent cet humour. Ce genre est plu triste et plus profond qu'on ne le pense.

Jusque là, Chaplin, Buster Keaton ou les Marx Brothers étaient des comiques. Mais l'école humoristque anglaise intègre la férocité et la satyre sous couvert de plaisenterie autour d'une tasse de thé. C'est proche de Carmé ou de Monsieur Verdoux de Chaplin (voir Un fait divers à l'écran : l'affaire des soeurs Papin (1) / "Les Abysses" (1963) ).


- A partir de 1951, le cinéma anglais entre dans une période de grisaille. Il n'y aura pas d'oeuvre de premier plan avant l'avènement du Free Cinema, les réalisateurs déclinent. Il manque un grand thème comme celui de la conquête de l'ouest aux Etats-Unis,du Frand Populaire en France ou de la resistance en Italie.

- A partir de 1958, parallèlement au Free Cinema, un genre prend naissance en Grande-Bretagne : le film d'horreur et le film fantastique (1958-1968). Ce phénomène est lié à l'impulsion de la Maison Hammer Films.

Extrait : Le cauchemard de Dracula, de Terence Fisher en 1958, avec Christopher Lee, Peter Cushing, Michael Gough ...
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Il y a trop peu d'effets spéciaux dans ce film et d'ailleurs, Terence Fisher et la Hammer n'ont pas survécu à leur généralisation. Il s'agit néanmoins de l'un des trois bons Dracula avec ceux de Polanski (Le bal des vampires en 1968) et de ? (Je n'ai pas été assez prompte dans ma prise de notes).

Pas de vampirisme kitch ridicule dans le cinéma anglais : être un vampire est une chose très sérieuse qui peut arriver à tout le monde. Ces personnes sont tout au plus légèrement différentes mais c'est une affaire quotidienne.

- A partir du début des années 50, l'industrie cinématographique anglaise est en crise et les affaires reprennent aux Etats-Unis où partent les metteurs en scène. A partir de 1957-1958, les anglais compensent la crise chronique de leur industrie par des super productions  qui régenèrent les finances (James Bond ...). Le Pont de la Rivière Kwaï est le premier film qui a joué ce rôle.

Extrait : Le Pont de la Rivière Kwaï de David Lean en 1957, avec Alec Guiness, William Holden, Jack Howkins, ...
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Ces super productions sont un peu une perte d'indentité pour le cinéma anglais. Dans ce film, Alec Guiness est impregné d'auto-militarisme mais se resaisit avant de faire le jeu des japonais en tant que prisonnier américain. On assiste à son suicide moral et patriotique à la fin du film.

- transition avec le Free Cinema : fin de la tradition du cinéma anglais. Les jeunes hommes en colère se manifestent à travers ce mouvement qui montre des thèmes nouveaux : province dans ses aspects les plus mesquins, ouvriers ...

Extrait : Les chemins de la Haute Ville de Jack Clayton en 1959, avec Laurence Harvey, Simone Signoret, Heather Sears ...
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Avec ce film, Simone Signoret obtient l'oscar et le prix du festival de Canne pour son interprétation, ce qui relance sa carrière en berne depuis Les Diaboliques et Casque d'Or.

Ce film rencontre un franc succès même si les acteurs et la mise en scène ne sont pas très bons. C'est le thème qui est révolutionnaire : la révolte. La sortie de la grisaille est en marche ! La suite au prochain cours !



Précision : cette fois j'ai pris des lasagnes entre le cours et le film, mais je n'avais pas fraiment faim rapport au paquet de biscuits englouti au début du cous ... On ne se refait pas.

 



Noblesse Oblige

Noblesse-oblige-1.jpg
De Robert Hamer
Kind Hearts and Coronets
GB / 1949 / 106' / NB / VOSTF
Avec Dennis Price, Alec Guinness, Joan Greenwood, Valérie Hobson.

Le Méliès a dit

Le chef-d’oeuvre incontesté de l'école humoristique anglaise de l'après-guerre. Un aristocrate anglais assassine successivement tous les parents qui s'interposaient entre lui et le titre de duc, non tant pour acquérir celui-ci que pour venger la mémoire de sa mère, rejetée par la société après une mésalliance.

Le film va beaucoup plus loin que l’humour macabre auquel on l'a souvent réduit, et porte une satire sociale féroce menée avec une rigoureuse logique.

Alec Guinness y interprète à lui seul les rôles des huit victimes, dont celui d'une femme.


Noblesse oblige 2
Présentation dans le cadre du cours

 

Ce film s'inscrit dans l'école humoristique (voir plus haut). Le spectateur est plein d'empahie pour l'assassin.
C'est la mise en scène du complexe d'Oedipe : ce qui motive Mazzini, ce n'est pas le titre de duc mais la vengeance de sa mère deshérité par cette famille dont il assasine la plupart des membres encore vivants. Tout est dans l'art de la suggestion. C'est une satyre de l'aristocratie.


Que dire de plus ?

 

Ma dernière expérience anglaise remonte à   In the loop et j'en avais été très satisfaite. C'était une bonne satyre. Mais noblesse oblige est une excellente satyre ! ça m'a rappelé Joyeuses Funérailles vu il y a plus d'un an.

 

Tout est parfait : les acteurs, le rythme, l'intrigue, les effets de surprise à la fin ! On ne se tape pas sur la cuisse et on ne rit pas gras, mais c'est jouissif et ça met la patate ! 

 

Publié dans Ciné

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Laugeri 06/04/2010 12:37



ceci n'est pas un commentaire mais une question a laquelle j'espère vous pourrez répondre. Je cherche des infos (et des photos) sur une actrice Evelyne Eiffel. Pouvez-vous me renseigner ? Merci
par avance



La fée Paradis 06/04/2010 13:41



Bonjour


Je ne suis hélàs pas assez calée en cinéma pour ça. Par contre l'auteur de ce cours, Emmanuel Leclerc directeur du Méliès à Pau le pourra peut-être. Voir sur le site Internet s'il y a un contact
: http://www.lemelies.net/Cine,_ma_passion_Le_Melies/Accueil.html


Bonne chance pour vos recherches !



Globule 11/03/2010 19:30



Le cour était dense, et long et après une journée de travail c'était dur. Mai le film a fait passer la pillule! Le rythme s'accélère, puis le dénouement... terrible!



La fée Paradis 11/03/2010 22:35



En fait au début du film, on croit connaitre la fin, mais en fait on ne la connait pas mais on ne le sait pas encore. Le scénariste est un génie !

Sinon, c'est vrais que le cours était moins sexy que ceux sur le western ou le cinéma italien. Mais le pro ne peut pas être au taquet tous les jours (ce serait bien le seul), et le sujet était
cmpliqué, surtout en si peu de temps.

En faisant l'aticle, j'ai quand même trouvé le sujet très intéressant.