Laurent Septier au Château d'Eau

Publié le par La fée Paradis

 

 

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Laurent Septier

 

 

Le Château d'Eau a dit

 

Le Château d’Eau présente du 24 mars au 9 mai 2010 «Des objets du monde», une exposition composée à partir du corpus des photographies noir et blanc de Laurent Septier.

La pratique artistique de Laurent Septier se développe sous diverses formes, dessins à l’encre de chine, collages, détournements de maquettes ferroviaires, collection d’objets dérisoires. Cet éparpillement tout en légèreté, clins d’œil, autodérision, coq-à-l'âne, rebonds et jeux de sens, trouve son point nodal dans un intérêt particulier aux choses modestes et dans la pratique assidue de la photographie. Une photographie qui croise des sensations visuelles, des souvenirs de lectures, des informations culturelles, de la documentation sur la vie et les traditions locales. Les images de cet auteur sont au carrefour d’une haute connaissance des lieux et du dérisoire, de la moquerie et de l'émotion. C'est un travail répondant à une nécessité et qui se fait dans une certaine modestie mais avec constance.

 

Cette exposition présente les deux ensembles majeurs de l'oeuvre de Laurent Septier : "Des objets du monde" réalisé en Chine sur une période de 20 ans - entre 1986 et 2006 -, pour lequel ila tourné son appareil vers l'extérieur , alors qu'il l'a tourné vers lui-même pour "Autoportraits quotidiens au polaroïd".

 

Des objets du monde

 

Depuis maintenant 22 ans, Laurent Septier photographie en Chine. Et ce ne sont pas forcément les événements, l’actualité ou l’exotique au sens commun qui sont essentiels : ici comme toujours et partout, il tient que l’essentiel, c’est l’accessoire, dans lequel la trace de l’activité des hommes s’affirme le plus clairement, par absence, en creux (comme dans le négatif photographique, d’ailleurs).

 

Ne connaissons-nous pas les hommes de la préhistoire uniquement par leurs objets ? Les choses les plus importantes sont invisibles, dans le caniveau de l’attention.

 

Sa photographie croise des sensations visuelles, des souvenirs de lecture, des citations, de la documentation sur la vie et les traditions locales. Elle se place au carrefour d'une haute connaissance des lieux et du dérisoire, de la moquerie et de l'émotion.

 

Travail rhizomique fonctionnant par capilarité, frottement, contamination de l'une à l'autre, ces photographies ne sont donc pas spectaculaires, ne veulent pas délivrer de message, elles sont sans importance, elles auraient pu tout aussi bien être faites à Nogent-sur-Marne ou dans les Pyrénées. Et pourtant, elles sont de Chine, elles sont la Chine.

 

Elles sont aussi le témoignage de la complicité possible avec tout ce qui construit le monde : un sourire, certes, mais aussi un tesson, un caillou, un arbre, une montagne, un pont, un wagon, un plat servi bien fumant, une bouteille d’alcool, une pince à linge, un chien errant. Cela ne leur enlève en rien la qualité de document qui leur est consubstantielle : toute photographie est forcément, par son processus et son dispositif mêmes, un document, mais ce n’est pas cela, l’important. L’important, pour Laurent Septier est de reposer le problème du photographiable, car c’est un problème sans cesse renouvelé. Ses images y sont une réponse tout autant qu’une nouvelle question.

 

Autoportraits quotidiens au Polaroïd

 

 

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Commencée le 1° janvier 1981, cette série comporte 10565 pomaroïds au 1° janvier 2010. L'extrait présenté court de 1999 à 2003. La lecture se fait de haut en bas et de gauche à droite.

 

Le vide, entre les passages

 
Depuis le premier janvier 1981, chaque matin, Laurent Septier se photographie, nu le plus souvent, devant un miroir. Ce travail de photographe, obsessionnel et précis, jouant quotidiennement avec lui-même dans la répétition du monde serait une exploration sérielle de l'autoportrait moderne, urbain, rapide (l'autoportrait est systématiquement réalisé au Polaroid SX-70 ) si le reste de son travail ne déséquilibrait cette démarche rigoureuse.

 

Car la production photographique de Septier (outre le genre de l'autoportrait, c'est l'autobiographie, le voyage et, notamment, la Chine qui restent ses sujets prioritaires), ses images, donc, sont avant tout soulignées par leur assemblage. En effet, le plus souvent, ses photographies se suivent sans réelle cohérence : un paysage, un objet, une scène de la vie de tous les jours, le dos d'une femme, un train, les fondations d'une maison, un plat de cuisine... Ces images n'ont rien à voir les unes avec les autres. Est-ce cela qui leur donne une unité ? Comme dans les plans-séquences d'un film banal et instable ?


Le passage d'une image à l'autre est un lieu vide étrangement habité. Et Laurent Septier aime alors citer Victor Segalen : « Même en philosophie, le sujet, la signification des idées, ont une importance moindre que leur enchaînement, l'allure avec laquelle elles engrènent et se déroulent, bref que leur jeu ». Le photographe aime parler de connexions et de porosités.


Bien sûr les choses sont perméables, le flux incessant : la photo passe d'une image à l'autre à travers le vide. Et le photographe conjugue les articulations de ces images : leurs raccords bizarres, les espaces tremblants où elles se connectent. Comme un signe avant-coureur de leur mise en réseau.
Tandis que Septier se photographie nu devant un miroir, le matin de préférence, il parle de la photo comme d'un acte différé en continuant à se photographier linéairement, chaque jour, au Polaroid. Dans sa cohérence minimale : son corps, le lieu minimum du photographe. Où les images ont alors quelque chose à voir entre elles.

Alexandre Castant, 1995

 

Retrouvez Laurent Septier sur Documents d'Artistes : link



Que dire de plus ?

 

Je ne m'y connait pas plus en photo que lors des précédentes expos visitées au Chateau d'Eau (Simulacres et parodies"Watch your back !" , Jürgen Nefzeg / "Esthétiques urbaines ?", André Merian , ...), mais cette galerie atypique est devenue un de nos passages obligés à Toulouse, surtout quand il pleut averse come c'était le cas dimanche. On aime bien cette atmosphère humide (salles principales dans l'enceinte de l'ancien chateau d'eau) et les lumières blafardes de la deuxième salle située sous le terminal de bus à l'extrémité du Pont Neuf. C'et vrai que c'est idéal pour les images un peu "choc" qu'on y voit à chaque fois.

 

J'ai été particulièrement surprise par les autoportraits. C'est opressant de voir cette même personne différente à chaque fois et dont les représentations couvrent l'ensemble d'un long mur ! C'est opressant mais a m'a donné envie de faire la même chose (rassure toi Pépé, je n'ai toujours pas commencé !).

 

Les objets du monde étaient plus "classiques" même s'il s'agissait de très belles photos. On remarque bien les détails soignés.

 

Après ça on a été boire un thé japonais  à l'oriental Bol Du (et une crèpe pate bio maisonet chocoloat bio maison pour moi) (bien moins bobo chic qu'au Bapz ou au Flowers Café, on préfère) et le dimanche est passé bien trop vite !

 

Publié dans Expos

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