La princesse de Montpensier, de Bertrand Tavernier

Publié le par La fée Paradis

 

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France / 2010 / 2h19 / Couleur

Avec Mélanie Thierry, Lambert Wilson, Grégoire Leprince-Ringuet, Gaspard Ulliel, Raphaël Personnaz, ...

 

Télérama a dit

(frimousse qui sourit)

 

 

On ne remerciera jamais assez Nicolas Sarkozy de sa sortie plus que hasardeuse contre La Princesse de Clèves. Mme de La Fayette se porte à merveille depuis. Après La Belle Personne, de Christophe Honoré, transposition libre et moderne de La Princesse de Clèves, voici l'adaptation d'un roman plus modeste, une esquisse avenante qui ne demandait qu'à être étoffée. Bertrand Tavernier et ses scénaristes l'ont fait dans le pur esprit du XVIe, celui de la Renaissance, où se situe l'action. Une période généralement abordée de manière caricaturale, mais si bien honorée, ici, qu'à la fin du film on a très envie de se (re)plonger dans l'école de Fontainebleau ou la poésie de Louise Labé.

Une sévérité gracieuse caractérise ce monde. Sévère parce que les guerres de Religion y font rage. Le comte de Chabannes (Lambert Wilson), homme d'armes et d'esprit, précepteur catholique, mais qui a rallié le parti des Huguenots, se bat depuis des années. Lassé par cette barbarie qui lui semble soudain dénuée de sens, il a décidé de déserter. Sur sa route, il croise un de ses anciens élèves, le prince de Montpensier (Grégoire Leprince-Ringuet), qui lui présente sa future épouse, Marie de Mézières (Mélanie Thierry). La grâce, c'est elle qui l'incarne. Elle est jeune, la peau laiteuse, encline à rougir. Elle n'est pas si timide, pourtant, encore moins docile. Amoureuse du fougueux Henri de Guise (Gaspard Ulliel) depuis sa tendre adolescence, elle espérait l'épouser, mais son père, par intérêt, en a décidé autrement. Elle ne cache point que son mariage est forcé. «M'aimerez-vous ?, lui demande le prince. - Si vous me le commandez », répond-elle. Cette femme réclame sourdement d'acquérir les armes de son indépendance. Le comte de Chabannes, devenu son précepteur, va lui en fournir quelques-unes, en lui enseignant, entre autres, l'écriture. En attendant, l'amour lui joue des tours. Ce n'est pas un soupirant mais quatre qui se la disputent. Et, avec eux, quatre formes d'amour distinct : passionnel, raisonnable, libertin avant l'heure ou platonique...

Le film ne tient pas en place. Il cavale. Jusqu'à l'étourdissement - Marie vacille sur ses jambes, après une échappée à cheval de deux jours pour rejoindre son château de Champigny. Tavernier enchaîne les séquences sur un rythme de feuilleton. Il ne s'attarde pas, fixe l'essentiel en s'appuyant sur la puissance du récit, la course d'obstacles et les déplacements incessants - comme sur un échiquier. De l'escalier à l'antichambre, du couloir à l'alcôve, chacune des pièces du château est exploitée, le cache-cache sentimental donnant lieu à une séquence formidable où le duc de Guise force les différents barrages menant à Marie, recluse dans sa chambre.

Le passeur qui les aide, c'est Chabannes. Personnage secret, apparemment secondaire - central, en fait - auquel Lambert Wilson donne de la profondeur avec une sobriété exemplaire. A la fois entremetteur et confident, maître et serviteur, Chabannes, qui cultive le détachement sans doute pour se protéger, est un double de Marie. Comme elle, conscient des périls de l'amour. Comme elle, indifférent au rang à tenir. A la différence de tous ses « rivaux » qui, eux, ne veulent pas déchoir et dont le coeur est guidé par les affaires du royaume...

D'où, dans ce film sur l'honneur, le rôle décisif du costume. La Princesse de Montpensier est un film de cape et d'épée, mais surtout de cape. Velours, broderies, pierreries et tapisseries ressortent avec netteté, mais sans pompe aucune, comme des attributs indissociables de la personne. Tavernier se fait fin portraitiste - son pinceau n'appuie pas. Et fin paysagiste - la terre, les arbres, la brume, paraissent d'époque ! Servi par des dialogues vifs et épurés (signés Jean Cosmos), il redonne toutes ses lettres de noblesse au classicisme, littéraire comme cinématographique. Pour preuve, ce plan sublime, fugitif comme une impression de déjà-vu (chez Raoul Walsh ou Max Ophuls?), où la caméra, comme grisée, approche et survole un divan, duquel se lève Marie de Montpensier, alanguie, prête à offrir au film sa pulsation intérieure.

 

Jacques Morice

 

 

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Que dire de plus ?

 

Je n'avais pas été au ciné à Rodez depuis Avatar : tant de technologie pour si peu d'intelligence et d'imagination ! . Chat échaudé craint l'eau froide, c'est au Club et non au Royal que nous nous sommes rendus cette fois.

 

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Ce film est une saga comme je les aime, pleine de personnages glamours, d'intrigues historico-amoureuses, de rebondissements et de jeux d'acteurs complexes. La mise en scène dynamique est bien accompagnée par une bande son qui n'a rien de baroque, les acteurs sont beaux et charismatiques, les paysages évocateurs et magnifique entre nostralgie et flamboyance, les châteaux respirent un mélange de passion et d'austérité, ... On s'y croirait.

 

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Le rythme et l'intrigue m'ont captivé et la thématique historique m'a vraiment changé les idées.Une très bonne idée de film.

 

Ma note : 3,75 /5

Publié dans Ciné

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