Ils ne sont pas comme nous

Publié le par La fée Paradis

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Auteur : Jean-Sébastie Blanck
Illustrations : José Ignacio Fernandez
Alzabane éditions, collection Histoires d'en penser
Septembre 2009

 

Présentation des auteurs

 

Jean-Sébastien Blanck est né à Paris en 1970. C'est un ancin journaliste de presse écrite.

 

José Ignacio Fernandez est un illustrateur argentin. Il propose ici un graphisme combinant photographies anciennes  montages.


Quatrième de couverture


En s'inspirant de faits réels - les expériences de gazages par les nazis sur les malades mentaux - Ils ne sont pas comme nous livre une saisissante allégorie de la véritable folie humaine : un État, et toute la société, mis au service de la barbarie.


L'éditeur a dit ( link)


Avec "Ils ne sont pas comme nous", c’est un livre choc et prenant que proposent ici Jean-Sébastien BLANCK (textes) et José Ignacio FERNANDEZ (illustrations).

Conçue et réalisée comme un véritable « livre-film », cette nouvelle illustrée nous transporte au cœur de l’Allemagne, en 1936, dans un asile de fous, où les patients coulent une vie paisible…Ils ne se doutent pas qu’ils seront bientôt les victimes d’une des premières expériences de gazages au zyklon B par les nazis. Cette histoire est inspirée de l'Histoire vraie.

L'auteur s'interroge ainsi sur un thème qu'il avait déjà abordé dans l'Oiseau des steppes (collection Histoires d'en rêver) : pourquoi les civilisations et sociétés les plus "avancées" et riches, sont capables des pires barbaries...Il s'interroge également sur les mécanismes qui ont permis aux nazis, au nom de l'Etat,  de faire taire les peuples. 
 

Pour décrire l’implacable système nazi, et son épouvantable machine à tuer, Jean-Sébastien BLANCK met en œuvre une écriture cinématographique, d’une sobriété totalement captivante, composée presque intégralement de dialogues et de monologues.

Le récit, composé de 20 séquences, est structuré comme un court métrage et change régulièrement de personnages et de points de vue. Il suggère ainsi, de l’intérieur, puis, de l’extérieur, l’issue dramatique qui semble se rapprocher, inéluctablement. La narration utilise le principe du zoom arrière : elle débute de l’intérieur de l’asile pour s’achever au cœur de l’Allemagne, dans le bureau d’Himmler, n°2 du régime nazi.


L’illustration, faite de montages photos, rend la sensation d’un livre extraordinairement visuel, très proche du cinéma.

Pour les enseignants de fin de collèges et début de lycée, « Ils ne sont pas comme nous » est l’occasion d’un travail d’Histoire sur le nazisme et nos sociétés.



Que dire de plus ?



C'est la première fois dans ma longue, prolifique et influente carrière de bloggeuse que je reçois gratuitement un livre à commenter ! En fait j'ai participé à l'opération "Masse Critique" organisé par Babelio (http://www.babelio.com/). Mon intégrité littéraire n'est pas à remettre en cause, rassurez-vous : d'une part, La Fée Paradis coute bien plus cher que 13,50 Euros (le prix du bouquin) et, d'autre part, on ne m'a rien demandé de cette nature. Ma seule obligation était de faire un commentaire. Le voici.

 

 

Cette nouvelle montre comment les malades internés dans un HP ont été les premiers cobayes du tristement célèbre gaz zyklon qui permis, au nom de l'"hygiène raciale" d'exterminer de manière systématique des handicapés, des juifs ou des tsiganes.


A travers es 20 séquences illustrées qui composen la nouvelle, on se pose différentes questions :

- les pathlogies des patients nécessitaient-elle déjà un enfermement ? Rien n'est mois sûr, tant ils ne semblaient pas dangereux mais plutôt bourrés de médocs.

- on voit bien que la mère du pricipal narrateur et le personnel soignant étaient loin d'être favorables à ce qui se profilait (mais n'a été nommé que dans les dernières pages) : comment ce système a pu être efficace au point que personne n'ose se révolter contre cette inhumanité ? Parce que là, ils ne pouvaient pas dire qu'ils ne savaient pas !

 

Comme dans un film, à partir de l'entrée en scène des militaires, on sent qu'il se trame quelquechose de pas net et on avance progressivement vers le drame final.

 

L'histoire et le scénario sont assez simples et on connait malheureusement tous la fin. Ce qui est intéressant, c'est cette manière naïve d'amener le sujet de l'intérieur. Les illustrations vont parfaiteent dans le sens de cette naïveté : on y voit des personnages hilares et sympas qui ne se doutent de rien. Les montages donnent une impression d'hypercéphalie grotesque. Tous les personnages sont illustrés de cette manière :

 - les malades : imbéciles heureux qui ne se doutent de rien

- le peronnel soignant qui finalement a laissé faire de peur de subir le même sort que les malades

- les SS, sûrs de la légitimité de leurs actes : ils sont persuadés de rendre service aux malades et à leurs familles en les amenant vers la solution finale

- Himmler et ses sbires administratifs  ils ont la satisfaction du devoir accompli.

 

 

L'histoire se passe entre juin 1938 et janvier 1940. Cest un contexe extraordinaire d'inhumanité et d'eugénisme. Mais qu'en est-il aujourd'hui ? Evidement, dans les pays occidentaux, on ne gaze plus les handicapés. Mais le manque d'attention et d'aide qui leur est apporté, à eux et à leurs familles, n'est-il pas le signe d'un eugénisme rampant ?


 

La société a peur, et a toujours eu peur, des gens "pas comme nous" (handicapés, étrangers, pauvres, subversifs, marginaux, vieux ...).  L'enfermement, la relégation et l'éloignement loin des yeux nous semblent de bonnes solutions. Mais finalement, ce sont les mêmes germes inhumains qui ont conduit au pire il n'y a pas si longtemps.


 

Outre ses qualités littéraires et graphiques, cette nouvelle est une super piqure de rappel pour nous faire réfléchir au sens réel du "plus jamais ça" de 1945. Je suis très contente d'y avoir eu accès via Babélio, et j'en recommande chaudement la lecture à tous !

Publié dans Livres

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