Gen d'Hiroshima (tomes 1 et 2)

Publié le par La fée Paradis

De Keiji Nakazawa (scénario et dessin)
Publié à partir de 1973 au Japon et à partir de 1983 en France

Vertige Graphic

 

Marianne magazine littéraire janier-février 2010 a dit

 

Comme son héros Gen, le dessinateur Keiji Nakazawa est natif d'Hiroshima. Il a 6 ans lorsque les Américains larguent le 6 août 1945, la bombe atomique qui tue son père, sa soeur et son frère cadet. Ce qui est arrivé ce jour là, il passera le reste de sa vie à le raconter en manga.


Lorsqu'il commence à écrire et à dessiner Gen, il a 34 ans et suffisament de recul pour appréhender le contexte politique de l'époque. Tout au long des dix tomes de la série, il va sans cesse mêler la petite et la grande histoire.


Ainsi le premier volume est-il consacré à la description de la vie quotidienne de la famille Nakaoka avant l'explosion. Il montre les brimades et les humiliations endurés par les siens à cause de l'enggement pacifiste de son père. Il racote l'effort surhumain pour trouver de la nourriture dans un pays obnubilé par la guerre.


En filigrane, il critique l'imperialisme et l'aveuglement des militaires qui ne veulent pas croire à la fin d'unJapon anscestral jugé invincible et avilissent une population préoccupée par la lutte contre la famine.

 

Ce propos contraste avec les dessins naïfs où les expressions des visages sont souvent caricaturales. Sans jamais prendre le pas sur la narration et sans aucun ffet esthétique, ces images montrent la réaité telle qu'elle est.

 

Dans les neuf tomes qui suivent, Nakazawa traite surtout du courage des survivants livrés à eux-même. Sans complaisance, il ne cache pas les effets pervers de la catastrophe : les blessés sot rejetés par leurs compatriotes car ils symbolisent a défaite, et profitant de la désorganisation de la société, le marché noir et la criminalité se développent.

 

Filant la métaphore du blé ("qui reste fort, même si on le piétine"), il montre la lente reconstruction de Gen et de sa mère jusqu'à la renaissance de leur espoir, si faible soit-il.

 

Publié une première fois en France en 1983, cette série devra attendre plusieurs années et une réédition pour que son importance soit reconnue. Aujourd'hui, tout le monde s'accorde à considérer que Gen fait partie du patrimoine mondial de la bande dessinée.

 

Juliette Salin.

 

 



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Art Spiegelman a dit

 

La plus grande vertu de ce travail est son abrupte et totale sincérité. Sa conviction et son honnêteté nous permettent de croire à l'incroyable, à l'impossible qui pourtant se produisit à Hiroshima. C'est l'art inexorable du témoignage.



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L'éditeur a dit


Le premier volume de la saga Gen retraçait la vie difficile du héros et de sa famille avant l'explosion d'Hiroshima. Le second raconte comment, durant la semaine suivant immédiatement l'holocauste nucléaire, Gen et sa mère (seuls rescapés de la famille) parviennent à survivre dans une horreur absolue dont seul un témoin direct tel que Nakazawa peut nous donner une idée..




Que dire de plus ?


Avant La vie de Bouddha, je n'y connaissait pas grand chose en manga (Dragon Ball, comme tout le monde et le merveilleux Sommet des Dieux). Emerveillée par Tezuka que j'ai décidé de me lancer dans une nouvelle saga. Et ce fut Gen d'Hiroshima. Le thème de la seconde guerre mondiale est très en vogue en ce moment, sur mon blog et ailleurs. Mais je n'avais pas encore parlé du Japon.

Encore une fois, il s'agit de BD qui ne se foutent pas de la gueule du lecteur : il m'a bien fallu 2 heures pour venir à bout du premier tome !

On suit la vie d'une famille de pacifistes avant l'explosion : la manipulation des japonais par le pouvoir militaire est très claire et les pacifistes, en plus de crever la dalle comme les autres, subissent toutes les brimades de la part de leurs concitoyens, de la police, des enseignants ...Mais ce n'est rien par rapport à l'horreur qui a suivi l'explosion ... Horreur minimisée par les dirigeants japonais pour ne pas démobiliser le peuple dans son effort de guerre. Pas de solidarité avec les survivants dans la semaine qui a suivi l'explosion donc.

 

C'est un manga bouleversant et on sent bien que l'auteur y a mis toutes ses tripes. On rit, on se met en colère et on pleure avec Gen. En malgré le drame et les situation humaines et matérielles horribles qui sont décrites, on sent l'optimisme. Chapeau et vivement la suite !

 

 

Publié dans BD

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