France Inter, grand corps fragile

Publié le par La fée Paradis

 

Non je ne suis pas monomaniaque (La rentrée de France Inter , Guillon guillotiné .... et Porte à la porte .... , Sondage Radio France , Le livre du Fou ... du Roi , ...) !!! Mais puisque je suis régulièrement les péripéties de la vie de la station, voici quelques extraits du reportage du Télérama de ce jour.

 

"2 septembre 2010, 11 heures, France Inter. Le générique du Fou du roi retentit, les chroniqueurs s'installent autour de la table. Ce jour-là, Stéphane Bern reçoit l'un de ses ex-coéquipiers, Didier Porte, celui que la direction a viré en juin dernier pour outrage au chef de l'Etat (1) et qui vient présenter son livre Insupportable ! Chronique d'un licenciement bien mérité. Le public scande avec fougue : « On a gagné ! On a gagné ! » Bern prend le micro : « Je suis très heureux de vous accueillir, Didier. Vous avez fait dix ans au Fou du roi et un parcours plutôt réussi. » Applaudissements. Didier Porte s'ex­plique longuement, Bern reprend : « Je suis libre d'inviter qui je veux dans cette émission. On peut être loyal envers sa direction et son employeur, et fidèle à ses chroniqueurs [...]. Les saltimbanques restent et les dirigeants changent... »

Pour sa première émission sur la grille de rentrée de France Inter,
alors que les remplaçants de Didier Porte et Stéphane Guillon pataugent dans leurs chroniques pas drôles, Stéphane Bern a visé juste. Avec l'air de ne pas y toucher, se faisant le héraut des aspirations de tous, il a asséné une vérité à laquelle journalistes, producteurs, animateurs, techniciens sont très attachés : l'antenne restera libre ! Indépendance envers la direction, indépendance envers le pouvoir, telle pourrait être la devise de France Inter, malmenée par des bourrasques plus ou moins violentes. Cette profession de foi, Jean-Luc Hees, l'actuel patron de Radio France, la connaît bien pour s'en être réclamé du temps où il animait le magazine Synergies. C'était au début des années 1990. Philippe Val, chroniqueur, avait perdu son rendez-vous au prétexte que Font, son compagnon de scène, était accusé de pédophilie. Jean-Luc Hees avait alors décidé, contre l'avis de sa direction, de l'inviter régulièrement dans son émission...

 

Juin 2009, Jean-Luc Hees prend ses fonctions de président de Radio France. Il est le premier responsable de l'audiovisuel français à avoir été nommé directement par le chef de l'Etat. Suspecté du fait même de ce mode de nomination, il aggrave son cas en choisissant, pour diriger France Inter, le directeur de Charlie Hebdo, intime de Carla Bruni. Dès la prise de fonction de Philippe Val, le 22 juin, la crise éclate. Deux heures après son installation, le nouveau directeur retire la revue de presse matinale à Frédéric Pommier, qui a eu la mauvaise idée de citer le concurrent et ennemi de Charlie Hebdo, Siné Hebdo... Les journa­listes de la rédaction s'insurgent. ­Philippe Val va faire profil bas pendant des mois, ne recevant personne.

Printemps 2010. C'est l'heure de l'élaboration de la grille de rentrée, de la reconduction ou non des contrats de producteurs qui expirent en juin. Suppression des émissions Esprit critique, Et pourtant elle tourne, Allô la planète. Au départ tonitruant de Didier Porte et Stéphane Guillon s'ajoute celui, non moins spectaculaire, de Nicolas Demorand pour Europe 1. La station tangue. Les auditeurs protestent.

 

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Aujourd'hui, les personnels du navire amiral du service public évoquent le climat instable dans lequel ils travaillent
, les incompréhensions, les réductions budgétaires, le trouble et les non-dits. Ils disent aussi leur attachement à la station, le souci de l'antenne, l'importance pour France Inter de rester solide. Mutiques au plus fort de la crise de juin, ils parlent désormais longuement. « Je regrette le départ de Stéphane Guillon, il me faisait beaucoup rire, dit Patricia Martin, qui anime le 7/9 du week-end avec Fabrice Drouelle. Oui, il a traité Martine Aubry de pot à tabac. Oui, il s'est moqué de Dominique Strauss-Kahn et d'Eric Besson. On sait que les humoristes dérapent. Ce sont les risques du métier." »

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Bernard Lenoir, qui n'habite pas à Paris et ne vient à Inter que pour son émis­sion, témoigne aussi du malaise : « Si Val ne le perçoit pas, qu'il vienne lire les e-mails de mes auditeurs. On nous a dit qu'après le départ de Guillon, ils allaient être soulagés. C'est faux, d'autant que les remplaçants ne sont pas à la hauteur. J'ai entendu Gérald Dahan, cet été. J'avais l'impression d'être sur Rire et chansons. France Inter s'est fabriquée avec des Claude Villers, des José ­Artur, des Pierre Desproges. C'est cet esprit-là, bien plus frondeur qu'au­jourd'hui, que nos auditeurs attendent de nous. »



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C'est à la mi-novembre que la chaîne saura si sa grille de rentrée est aussi performante que la précédente, quand Médiamétrie publiera les mesures d'audience portant sur septembre-octobre. France Inter restera-t-elle la deuxième radio généraliste de France, derrière RTL et devant ­Europe 1 ? Le pari n'est pas gagné.



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« La rédaction ne va pas bien », explique Valeria Emanuele, journaliste et secrétaire nationale au Syndicat national des journalistes de Radio France. L'équipe se souvient encore de la motion de défiance de juin, où la rédaction exprimait « sa colère face aux choix et aux méthodes » et constatait que le « lien de confiance indispen­sable avec la direction était rompu ». Bon an mal an, chacun s'accommode des remous de la matinale. Le 14 septembre, après quatre chroniques, l'humoriste Raphaël Mezrahi a jeté l'éponge. Dans ce contexte de crise, journalistes et producteurs s'efforcent de faire au mieux leur travail. Renaud Dély, nouveau direc­teur adjoint de la rédaction, résume : « Aux journalistes, je dis : "Philippe Val est le directeur d'Inter et c'est comme ça." A Philippe, je dis qu'il doit travailler avec la rédaction d'Inter et qu'il ne peut faire autrement. »

(...) "

 

Anne-Marie Gustave et Véronique Brocard

 

J'ai lu l'article en entier ce midi et je n'ai qu'une chose à redire : contrairement à ce qu'affirment les auteurs, il reste des humorises drôles à France Inter. Même s'ils ne sont pas bons à chaque fois (et Guillon et Porte ne l'étaient pas non plus), Régis Mailhot, Daniel Morin, Sophia Aram ou le conte de Bouderbala que je découvre sont drôles. Et je ne parle pas de François Morel qui ne se rate que très rarement.

 


les fils à papa
envoyé par franceinter. - Regardez plus de vidéos comiques.

 

 


Le billet de François Morel : Claude Chabrol
envoyé par franceinter. - Gag, sketch et parodie humouristique en video.

 

J'écoute encore France Inter car il y a trop de pubs sur Nova et que j'aime encore des comiques, des chroniqueurs (Thomas Legrand, Bernard Maris) et des journalistes (Jöel Collado, Daniel Mermet). Mais je ne suis pas encore guérie du traumatisme de juin dernier, et en tant qu'actionnaire (Philipe Val dit à Télérama que ce sont ceux qui payent la redevance, or, on en paye une Pépé et moi), j'aimerais que ce tartuffe dégage.

Publié dans Humeur vagabonde

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