Ayako

Publié le par La fée Paradis


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Auteur : Ozamu Tezuka
Delcourt, collection Ataka
Publication en France en 2003




Marianne Magazine Litterraire a dit


Démon nippon


On dit souvent que Tezuka, disparu en 1989, est le Hergé japonais. C'est vrai sur le plan graphique : les deux auteur ont imposé , au Japon pour le premier, dans l'espace franco-belge pour le second, des canons graphiques et séquentiels qui ont fait autorité pendant des décennies.

Tezuka allait ainsi influencer des générations d'auteurs par un trait tout en rondeurs, conférat un aspect visuel enfantin à presque toute la production niponne à partir des années 1950. Mais du point de vue scénaristique, les deux maîtres de la bande dessinée n'ont pas grand chose en commun. Hergé ne s'est illustré qu'avec Tintin, qui ne s'adresse, au mieux, u'aux adolescents, tandis que Tezuka a écrit des centaines d'ouvrages pour tous les publics.

La preuve avec Ayako, drame déchirant paru au Japon en 1973, mais que l'on a découvert en France trente ans plus tard. Derrière son dessin naïf, Ayako a constitué une rupture dans l'oeuvre de Tezuka, en même temps qu'il s'inscrivait dans la constitution d'un bande dessinée adulte - comme cela se produisait au même moment en Europe.

La série met en scène la décadence d'une grande famille japonaise après le second conflit mondial. Jiro Tengé, second fils d'une dynastie de propriétaires terriens, rentre de la guerre. Sa famille l'ignore mais il travaille désormais comme agent secret pour les services des forces d'occupation américaine. Il découvre alors qu'il a une "petite soeur" de 4 ans, fruit d'une relation quasi incestueuse entre son père et l'épouse de son frère aîné.

Tout en décrivant un Japon désorienté, en proie à des mutations, comme l'émergeance du syndicalisme et de mouvements politiques de gauche vite tués dans l'oeuf, et l'accélération de la réforme agraire, Tezuka mène une réflexion fine et sans tabous sur la transmission familiale des névroses et sur leur répétition.

Le destin de cette famille dénaturée, dépeint par l'auteur de manière presque clinique, renvoie par un effet de miroir au Japon sous domination américaine, tout aussi peu authentique. Un cycle magnifique et poignant, et sans doute l'une des meilleures BD du monde, où l'histoire individuelle fait toujours echo à la grande Histoire.


Virginie François


Que dire de plus ?


C'est la deuxième fois que je lis cette série. Cette fois je l'ai lu avec les apports de La vie de Bouddha (1) - Kapilavastu  et suivants et de Gen d'Hiroshima (tomes 1 et 2)  et suivants (il faut d'ailleurs que j'aille emprunter les derniers tomes), je replace mieux cette histoire tordue dans de le contexte de l'après-guerre et de l'occupation américaine, et dans l'oeuvre de l'auteur.

Encore une fois, je me suis dit que cette histoire est complètement tarée : entre les propriétaires terriens dégénérés, les espions, les mafieux, les flics démunis ... Il est parfois difficile de s'y retrouver. D'ailleurs, j'ai encore un doute sur la fin.

C'est vite lu (un trajet Toulouse-Pau en Corail Intercités, soit 2 heures et 10 minutes) et ça doit être dans toutes les médiathèques. Alors, n'hésitez pas !


Publié dans BD

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