Les super heros sont-ils de droite ?

Publié le par La fée Paradis

Cette question est dans l'ère du temps et c'est en lisant quelques épisodes de XIII (du 9 au 14) qu'elle s'est imposée à moi comme essentielle.

Ere du temps par rapport à la sortie du film watchmen que je n'ai pas vu et ne compte pas voir dans l'immédiat d'ailleurs. J'ai ainsi entendu une interview à ce propos à la radio et je viens de lire la critique de Télérama à propos du film : Les superhéros sont-ils des bons coups ? Sont-ils de droite ou de gauche ? (extrait).

Il y a deux idéals types de super héros : les extra terrestres dotés de supers pouvoirs qui ont peu à peu appris à les maitriser au prix de nombreux efforts (à vaincre sans péril on triomphe sans gloire, n'est-ce pas?) et les humains surdoués qui, dotés d'une intelligence hors du commun et d'un parcours atypique (absence de famille et de parents, rencontre exceptionnelle avec des hauts dignitaires militaires...) ont suivi des entrainements très difficiles dans des conditions vraiment inhospitalières pour devenir ce qu'ils sont. Bien que consciente de cette dualité, ma connaissance de l'univers des super héros est bien trop superficielle pour que je la prenne en compte dans les développements suivants.

XIII illustre parfaitement la problématique : un bon coup certainement, en témoigne l'assiduité des femmes à son égard (ses ex dont il ne se souvient plus mais qui en redemandent et les aventurières qui rêvent de lui et parviennent parfois à leurs fins) : les auteurs de BD de super héros sont-ils mysogines ? Cette question découle de la précédente !

Le super héros n'est pas un dangereux révolutionnaire guerrilléro, il se contente de conserver l'ordre établi et est souvent le meilleur protecteur des dirigeants économiques et politiques. Saver le veuve et l'orphelin oui mais son individualisme l'empêche de mettre ses qualités et pouvoirs au service de l'action collective. Jamais il ne défendra les salariés licenciés contre le grand capital et jamais il n'ira faucher des champs d'OGM. José Bové et Bernard Thibault ne sont pas des super héros. Le super héro accepte de sauver le monde de la menace nucléaire mais n'acceptera jamais de se livrer à une activité technique administrative ou politique quotidienne, bien trop ennuyeux et répétitif pour lui. Sans doute as-t-il peur de prendre du ventre. Jean Jaurès, le général de Gaulle, Charles Pasqua, Martine Aubry ou Nicolas Sarkozy ne sont pas des super héros. Le super héros ne s'encombre pas de femme et d'enfants. Si par malheur il tombe amoureux et se retrouve à procréer, les enjeux financiers et guerriers internationaux viennent bien vite le ramener à la réalité de l'ennui de sa vie quotidienne. Faire de la purée pour ses enfants et préparer le petit-déjeuner à sa femme nuisent à la vivacité de ses réflexes. Les gens qui m'entourent ne sont pas des super héros.

Vous l'aurez compris, le super héros doit rester étranger à tout ce qui fait nos vies de simples mortels salariés, peu affutés et gras du bide. Mais c'est pour mieux accompagner les dirigeants dans leur entreprise de maintien de l'ordre établi. Sous couvert d'apolitisme, les supers héros sont un formidable facteur d'immobilisme dans les sociétés contemporaines.

Les qualités certaines des super héros (honneur, courage, tenacité, fidélité) poussées à l'extrême ne sont pas sans rappeler certaines visions inhumaines de l'être humain. Le super héro n'a pas de vice, pas de faiblesse : il ne boit pas, fume rarement, n'est pas gourmant. S'il tue c'est pour se défendre et défendre l'ordre établi, s'il fait l'amour c'est par amour (il ne reste jamais amoureux très longtemps de la même femme et ne connait pas l'homosexualité). Il n'est pas matérialiste mais ses activités au service du pouvoir lui assurent un confort bien mérité. Si le super héros est une femme (ça peut arriver), celle-ci est condamnée à n'être jamais heureuse car point en elle le désir d'enfant incompatible ave la vie qu'elle mène (regardez cette pauvre Uma Turman dans Kill Bill). Et comment combiner grosses et allaitement avec les tablettes de chocolat abdominales ?

Le comportement du super héros nous conforte dans cette culpabilité judéo-chétienne liée à nos faiblesses bassement humaines. Cette culpabilité nuit à notre action collective. Nous avons été élevé dans cette vision mythologique du monde et elle est à mon avis psychologiquement essentielle en occident.

Quelques exceptions : bien que parfait, Tintin est la personne la plus ennuyeus de la terre et ne fait envie à personne. Thorgal, eh oui toujours lui, est le seul super héros dont le comprtement me convient. Il refuse le leadership que ses qualités devraient favoriser, il aime et respecte Ariciaa, rêve de prolétariat, combat l'ordre établi nécessairement injuste.... Enfin un vrai super héros !

Publié dans Humeur vagabonde

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